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Patrimoine naturel

I. Présentation du site

a. Localisation géographique

Le site des combles de l'église d'Amayé-sur-Orne se situe au coeur de bourg de la commune du même nom, localisé à 10 kilomètres de l'agglomération caennaise, dans le département du Calvados.

carte amayeeglise ifs

b. Statut du site

L'église est connue pour les arbres remarquables qui encadrent l'entrée du cimetière: deux ifs datant de l'époque de Charles VII, soit du XVème siècle, s'élèvent de part et d'autre de la grille au clocher et sont classés Monument Naturel (n°14042; Annexe 4: Monument Naturel Classé).

Ce classement entraine l'impossibilité de destruction, de modification dans leur état ou leur aspect des arbres, sauf par autorisation spéciale du ministre chargé du site (Loi du 2 mai 1930).

De plus, les combles de l'église ont été retenus par l'Union Européenne en 2008 pour intégrer le réseau Natura 2000 et portent le n°2502017 et le nom "Combles de l'église d'Amayé-sur-Orne".

locamaye

Ce site est reconnu site de reproduction d'importance régionale pour une espèce de chauves-souris: le Grand Murin. En effet, environ 200 femelles de Grands Murins viennent y passer l'été pour mettre-bas et élever leur jeune chaque année.

Le Grand Murin est une espèce classée à l'Annexe II de la directive Habitats-Faune-Flore, liste regroupant les espèces animales et végétales d'intérêt communautaire dont la conservation nécessite la désignation de Zones Spéciales de Conservation (site natura 2000)

Le Grand Murin est classé sur la liste rouge des espèces menacées en France en catégorie LC (préoccupation mineure).

Il est commun en Normandie.

 

II. Historique du site

a. L'édifice religieux

L'édifice de 320m² (au sol), propriété de la commune depuis plusieurs siècles, date du XIIIème et présente une architecture originale à la fois romane et gothique.

Malgré la fermeture de la paroisse d'Amayé-sur-Orne et son rattachement à celle de Maizet en 1808, faute de curé, l'église à toujours une place importante dans la vie de la commune. Suite au combat de la population du village, le bâtiment fut réouvert quelques années après (1819) et érigé en chapelle rurale, pour ne plus jamais fermer par la suite.

b. Natura 2000

Dans le cadre de la mise en directive "Habitat-Faune-Flore", le site a été adressé par la France comme proposition pour intégrer le réseau Natura 2000 en mars 2007.

Ce site a été retenu par l'Union Européenne en raison de l'intérêt patrimonial qu'il offre au regard de l'espèce de chiroptères qu'il abrite et figure au JOCE du mois de janvier 2008 sous le nom "Combles de l'église d'Amayé-sur-Orne". il porte le N° FR2502017.

L'élaboration du document d'objectifs (DocOb) a débuté avec l'organisation du comité de pilotage, le 26 octobre 2007. La validation des 3 tomes du DocOb a été effective le 13 novembre 2008, permettant le subventionnement de futurs chantiers par des financements européens.

c. Gestion en cours

2004: La colonie de reproduction a été decouverte au sein de l'église.

2005: La commune étant sensible à la présence des animaux, une démarche de conservation de la colonie a été mise en place par la signature d'une convention avec le groupe Mammalogique Normand (GMN) et un chantier de nettoyage des combles a été réalisé .

2006: Afin de sensibiliser le grand public à la nécessité de protéger ces animaux, une importante animation a été organisée par le GMN et la commune à la fois avec les enfants de la commune en classe et auprès des adultes lors d'une soirée thématique.

2008: La convention de gestion a été renouvelée, associant cette fois la commune, le GMN et le Conservatoire Fédératif des Espaces Naturels (CFEN).
Un chantier bénévoles CFEN - GMN a été réalisé une fois de plus pour nettoyer les combles du guano des chauves souris. Ce dernier a été laissé à la commune pour la fertilisation des jardins des habitants.
2009: Un nouveau chantier de nettoyage des combles a eu lieu, permettant de faire place nette pour la réalisation d'un chantier de sécurisation des combles pour le déplacement des observateurs.
Un plancher a été mis en place sur l'ensemble de la longueur de l'édifice et l'espace entre la plateforme d'accès et les combles a été fermé, limitant le risque de chute.
De plus, de la rubalise a été mise en place à l'entrée des combles afin de symboliser un possible aménagement.
2010: Un chantier de nettoyage a permis de faire place nette et d'installer une bâche plastique pour protéger le plancher.
De la rubalise a été réinstallée afin de finaliser l'étude sur la possible gêne d'un aménagement de sécurisation à l'entrée des combles. Un suivi de l'humidité et de la température a été réalisé au sein des combles et a été associé à la localisation des animaux dans le bâtiment. La commune a participé à des actions de sensibilisation via une reportage sur France 2 et le film sur Natura 2000 en Basse-Normandie.
Un panneau a été réalisé et installé à l'entrée du cimetière. Enfin une étude sur le paysage autour de la colonie a été ébauché et devra être étoffé dans le futur.
2011: Cette année, le site a été calme. Peu d'actions ont été entreprises car la majeure partie du travail a été réalisé les années précédentes.
Un chantier de modification de l'accès aux combles des observateurs a été effectué, afin de limiter la gêne supposée de l'aménagement  pour les chiroptères. Cette action a été réalisée par l'entreprise de menuiserie locale qui avait posé le plancher et le palier.
Un nettoyage a été réalisé par le Conservatoire et le Groupe Mammalogique Normand et le guano a été laissé à la commune pour la fertilisation des jardins des particuliers.
combles
Enfin, une intervention auprès d'étudiants de l'Ecole du Paysage et de l'Horticulture de Saint-Gabriel-Brécy a été faite. En effet, un groupe d'élèves a aménagé la place de l'église et les particularités de la commune leur ont été présentées. A cette occasion, le Conservatoire est intervenu pour parler essentiellement de la démarche Natura 2000 mais aussi de la colonie et des chauves-souris en général, afin de sensibiliser ces jeunes adultes, voués à travailler dans l'environnement, à la protection de ces petits mammifères et de la faune sauvage en général.
III. Suivi de la Colonie
a. Méthodologie du suivi estival
 
Pour suivre la colonie de reproduction, l'opérateur effectue deux visites minimum du site au cours de la période estivale, une préférentiellement au mois de mai et une autre au mois de juillet. Lors de ces visites, l'ensemble des combles est prospecté à l'aide d'une lampe, et les individus sont recensés. Lorsque les animaux sont regroupés, il est possible de prendre une photographie numérique, pour limiter le dérangement, le comptage se faisant sur l'image par la suite.
Le premier passage permet d'évaluer le nombre de femelles adultes ou immatures et le second permet de dénombrer le nombre total d'adultes et de jeunes afin de mettre en évidence le taux de reproduction de la colonie.
Monographie de l'espèce présentée - Exigences écologiques
colonie murin
Grand Murin
En Europe continentale, le Grand Murin fréquente préférentiellement les futaies feuillues ou mixtes, où la végétation herbacée ou buissonnante est rare.
La densité de population est étroitement liée à la superficie de la forêt caducifoliée ou à la part de feuillus purs ou mixtes dans l'ensemble de la forêt.
Les vieilles forêts à strate herbacée peu développée sont principalement fréquentées mais les prairies pâturées et les prairies de fauche sont particulièrement recherchées en automne.
Les colonies de reproduction se trouvent dans de vastes greniers (combles de grands édifices comme les églises ou les châteaux) et les mâles s'isolent dans les combles, les greniers, voire derrière des volets.
b. Inventaire
Cette année, deux passages ont été réalisés:
Juin : 294 individus et 26 jeunes morts au sol
Juillet : 331 individus et 26 jeunes morts au sol
 inventaire
c. Analyse de l'évolution de la colonie
Les effectifs observés cette année sont comparables à ceux notés les années précédentes, ce qui confirme que la colonie de reproduction contient un noyau d'environ 200 femelles.
diag recens
Notons cette année la présence de nombreux jeunes morts, essentiellement de très jeunes (de quelques heures), même si on trouve des juvéniles un peu plus agées (2, correspondant à la mortalité classique en colonie).
morts
Il est difficile de trouver une explication à ce phénomène. De nombreuses causes peuvent être avancées:

- Mauvaises conditions climatiques;
- Dérangements...
et il est impossible de conclure quant à la cause pricipale. Cependant, cette mortalité importante des très jeunes peut être la cause d'un avortement massif (mauvaises conditions climatiques engendrant une sous alimentation des femeles) ou un dérangement quelques heures après les naissances (qui sont la plupart du temps assez regroupées), entraînant un affolement dans la colonie et la chute des petits. Quoiqu'il en soit une telle mortalité n'a jamais observée auparavant  mais si cela ne se répète pas, il n'y a pas de raison de  craindre quant au maintien de la colonie au sein du site.
Conclusions sur l'évolution des effectifs depuis 2004
La colonie se maintient au sein des combles de l'église d'Amayé-sur-Orne, malgré la mortalité juvénile importante de cette année. il est donc important de poursuivre le suivi annuel afin de noter si cela se répète dans le futur.
IV. Suivi de l'utilisation des accès
façade eglise
Lors de comptage en sortie de gîte, les observateurs avaient noté une possible utilisation différenciée des accès situés sur la façade de l'église. En effet, les animaux semblaient sortir préférentiellement par le trou inférieur, de petite taille, mais lorsqu'ils décidaient de faire demi-tour, ils empruntaient le trou supérieur, de plus grande taille.
depl eglise
Suite aux observations, l'impression initiale a été confortée par les données récoltées: les animaux utilisaient préférentiellement le petit accès inférieur pour quitter le gîte.
Cette utilisation différenciée était explicable par le fait de la simplicité d'accès. En effet pour utiliser le petit accès, les animaux avaient simplement à se laisser tomber des combles vers l'ouverture, alors que l'accès de grande taille se trouve derrière un aménagement à contourner. Il semblait donc plus aisé d'utiliser l'accès inférieur. De plus, la chute entre la porte des combles et l'accès permettait à l'animal de prendre de la vitesse plus facilement et ainsi pouvoir échapper plus facilement à un possible prédateur se trouvant à la sortie.
L'aménagement réalisé au cours de l'hiver 2009-2010 a permis de sécuriser le passage du palier aux combles par la mise en place d'un plancher, bouchant l'ouverture existante en la réduisant à la simple largeur de l'échelle permettant d'y accéder.
plancher
Malheureusement, cet aménagement a entraîné une modification nette des accès ainsi que le déplacement des animaux dans les combles. En effet, les animaux ont utilisé beaucoup plus le grand accès supérieur que le petit, comme auparavant, prouvant une réelle gêne créée par le plancher en sortie des combles.
depl eglise2
Il semblait que le passage sur la gauche via l'échelle n'était pas suffisant pour permettre un déplacement aisé au niveau du palier.
Les animaux préféraient contourner le mécanisme des cloches, voire monter vers les abat-sons plutôt que de virer sur la gauche dès la porte.
Les sorties par les abat-sons n'avaient pas été observées lors des comptages de l'année précédente. Il est à noter que la sortie via les abat-sons ne devait pas être aisée, car chaque animal sortant par ce nouvel accès se cognait aux boiseries (les observateurs ont entendu des bruits de coup à chaque sortie)
Un chantier a donc été entrepris cette année pour modifier cela et une trappe a été créée dans le plancher. Cette dernière sera à l'avenir laissée ouverte continuellement et ne sera fermée que pour la sécurisation du passage des observateurs dans les combles (elle sera réouverte à leur départ ).
Les animaux vont retrouver ainsi l'utilisation initiale des accès et la gêne de l'aménagement sera donc estompée.
plancher
 
V. Conclusion
La colonie de Grands Murins d'Amayé-sur-Orne se maintient et semble préservée de tout risque majeur.
Le suivi annuel de la colonie doit être poursuivi pour s'assurer du maintien du bon état de conservation de la population.
Un nettoyage annuel permet de conserver les combles dans un état relativement propre et est "nécessaire" vis-à-vis de la demande des locaux pour le guano (fertilisation des jardins).
A présent, il est important de poursuivre le travail de sensibilisation du grand public pour la protection de la colonie et des chauves-souris plus généralement , le site d'Amayé-sur-Orne se prêtant parfaitement à des balades nocturnes pour la découverte des animaux en sortie de bâtiment.
membres